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Commerce : trois Africains candidats à la tête de l’OMC en péril

Commerce : trois Africains candidats à la tête de l’OMC en péril
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L’Organisation mondiale du commerce(OMC) est à la recherche de son nouveau directeur général après la démission de Roberto Azevédo, le 31 août, de façon anticipée. L’organisation qui se heurte à la crise du multilatéralisme réfléchit sur son avenir. Trois Africains font partie des huit candidats sélectionnés à sa succession.

L’OMC qui était déjà paralysée depuis mai doit se trouver un nouveau directeur général. Elle a entamé, le 7 septembre, les consultations pour désigner un successeur au Brésilien Roberto Azevêdo qui a annoncé en mai son départ surprise, un an avant la fin de son second mandat, invoquant des “ raisons familiales ”. Alors qu’il allait prendre le poste de vice-président chez le géant américain des boissons PepsiCo. La désignation du patron de l’OMC qui obéit à un long processus permet d’éliminer un bon nombre de candidats minoritaires. Il va durer plusieurs mois. En cause, la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.

L’OMC connaît une crise grave qui serait liée à l’hostilité des Etats-Unis qui s’estiment mal traités par l’organisation. Huit candidats sont en lice pour succéder à Roberto Azevêdo, dont trois Africains.

Les trois candidats africains pour succéder à Roberto Azevêdo

L’Afrique, qui reste la seule région du monde à n’avoir pas encore dirigé l’OMC, se présente en ordre dispersé. Mais ces candidats font partie des poids lourds pour diriger l’organisation. Il s’agit de l’Egyptien – ayant également la nationalité- Abdel Hamid Mamdouh, âgé de 68 ans, ancien haut- fonctionnaire pendant vingt ans au sein de l’OMC avant de rejoindre un cabinet d’avocats en Suisse; la Kényane Amina Mohamed, 58 ans, ancienne ministre des Sports, et ancienne ambassadrice du Kenya à l’OMC. C’est la deuxième fois qu”elle postule à la tête de l’organisation. Elle bénéficierait de nombreux soutiens parmi les pays membres.

Et enfin la Nigériane Ngozi Okonjo Iweala, 66 ans, ancienne directrice générale de la Banque mondiale (BM), ancienne ministre des Finances de son pays, présidente de l’Alliance mondiale pour les vaccins et vaccinations (Gavi), envoyée spéciale de l’Union africaine (UA) pour la relance post-covid 19. Son handicap, trop proche des États-Unis. Ce qui pourrait irriter la Chine. “Je suis sûre que l’Union africaine prendra une décision pour choisir et soutenir le candidat qui le mérite [et] j’espère que le directeur général de l’OMC sera élu avant tout en raison de son mérite. Et s’il s’agit ensuite d’une femme ou d’un Africain, c’est bien aussi”, a déclaré Ngozi Okonjo Iweala.

Les candidats hors-Afrique sont : le Mexicain Jesús Seade Kuri, 73 ans, également de nationalité libanaise; le Moldave Tudor Ulianovschi; la Sud-coréenne Yoo Myung-hee; Mohammad Maziad Al-Tuwaijri du Royaume d’Arabie saoudite, et Liam Fox du Royaume-Uni.

Les Etats-Unis en conflit avec l’OMC

En plein marasme économique mondial causé par la pandémie de Covid-19, plusieurs chantiers de taille attendent le futur patron de l’OMC. Il devra préparer la conférence ministérielle de 2021, booster les négociations qui piétinent, et relancer le dialogue au plus bas avec les États-Unis. Le défi s’annonce périlleux. Washington ayant menacé de quitter l’OMC, qu’il qualifie de gâchis, et paralysent depuis décembre le tribunal d’appel de l’organe de règlement des différends (ORD) de l’OMC. Washington s’estime traité inéquitablement par le gendarme du commerce mondial. Il réclame sa refonte, et le retrait de la Chine de la liste des pays en développement.

Une “troïka” à la tête de l’OMC

En attendant le successeur de Roberto Azedêvo, une “troïka”, composée du président du conseil général, l’ambassadeur de Nouvelle-Zélande David Walker, a été chargée de recevoir les représentants des États pour savoir où vont leurs préférences et tenter de déterminer quel candidat a le plus de chances de réunir un consensus.

Après cette phase de consultation, la “troïka” est chargée d’éliminer progressivement les candidats qui recueillent le moins d’adhésions. La sélection en 2013 de Roberto Azevedo, qui a succédé au Français Pascal Lamy, s’était ainsi opérée en trois étapes par éliminations successives.

 

Noël Ndong


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