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Milieux carcérales : les réalités vécues par les enfants

Milieux carcérales : les réalités vécues par les enfants
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La charte africaine des Droits des Enfants définit l’enfant comme cet être humain âgé de moins de 18 ans. Cette tranche de la population se trouve très souvent écrouée dans les pénitenciers pour diverses infractions ou crimes notamment assassinats, vols, viols, agressions… Dans bon nombre de cas, ils commettent ces infractions sous l’impulsion d’un adulte, renseigne Pierre Eoné juriste et fondateur d’EMINED, qui définit les prisons comme des lieux pénibles où la misère et la promiscuité qui y ont élu domicile posent un réel problème d’hygiène, d’alimentation et de santé.

Cette posture de cet habitué des milieux carcéraux donne un aperçu des conditions de détention dans lesquelles vivent les enfants dans ces lieux construits pour le redressement et la resocialisation des individus qui se sont mis en marge des lois de la cité au rang desquels les mineurs. Pour la  seule prison de Yaoundé, ces derniers totalisaient en 2019 un effectif qui varie entre 180 et 250 sur 4500 pensionnaires (chiffres de l’organisation EMINED) que compte cet univers. Conformément aux dispositions du code de procédure pénal notamment en son article 706, ils sont détenus dans un espace qui leur est réservé communément appelé « quartier pour mineurs ». Exception faite pour les mineurs qui reviennent en prison pour la deuxième fois ou plus. Ceux-ci sont gardés dans les « quartiers pour adulte » où ils sont exposés à des conditions de détention pas du tout conforme à leur âge et où ils sont exposés à plusieurs types de sévices de la part des pensionnaires adultes qui les inculquent en général des valeurs pas très morales.

Tout n’est pas sombre…

Bien qu’étant des sinistres milieux, les prisons offrent quand même des opportunités d’apprentissage et de resocialisation à ses pensionnaires. Pour ce qui est des mineurs, ils reçoivent de l’éducation et ont la possibilité de faire acte de candidature aux différents examens officiels. Cas de Steve (prénom d’emprunt) âgé de 15 ans et ex-pensionnaire de la prison centrale de Maroua qui a réussi au concours d’entrée au collège (Lycée de Domayo Maroua) et a pu obtenir le Certificat d’Etudes Primaires (CEP) depuis la prison où il suivait des cours.

 

Outre la scolarisation, les prisonniers mineurs ont aussi des opportunités de se former dans les métiers du tissage, de la menuiserie, l’informatique, la couture, la coordonnerie… Grâce à ces opportunités, ils se dotent de qualifications pour s’insérer dans le monde professionnel à la fin de leur peine. Ces formations leur permettent également de fabriquer des produits qu’ils pourront revendre bien qu’étant en prison. Côté ration, les mineurs ont en général au menu des haricots et du maïs avec quelques gouttes d’huile et un peu de sel, un repas peu enviable renseigne l’organisation EMINED.

La pire des réponses…

L’emprisonnement des mineurs n’est pas toujours bien perçu d’autant plus que la majorité d’entre-eux sont en détention provisoire et tarde à être jugé. Pour Pierre Eoné : « La prison ne devrait pas abriter des enfants ». Une position à laquelle adhère le pédopsychiatre Boris Cyrulnik qui considère la détention des mineurs comme « la pire des réponses ». Justifiant sa position, il soutient qu’elle « provoque l’isolement sensoriel, l’arrêt de l’empathie, l’augmentation de l’angoisse ». Selon lui, l’enfant qui sort de prison « n’est plus apte à réguler ses émotions ».


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