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Présidentielles au Burundi: L’église catholique dénonce des irrégularités qui ont émaillé le scrutin

Présidentielles au Burundi: L’église catholique dénonce des irrégularités qui ont émaillé le scrutin
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Ce 20 mai, les populations burundaises étaient appelées à élire leur futur Chef d’Etat, celui là même qui devra succéder à Pierre Nkurunziza arrivé au pouvoir le 26 août 2005. La consultation électorale s’est soldée par la victoire du général Evariste Ndayishimiye, candidat du parti au pouvoir; d’ailleurs déjà félicité par le Président sortant. Une victoire largement contestée par l’opposition qui n’est d’ailleurs par seule dans cette position.

Mardi soir, l’Eglise catholique du Burundi à travers le président de la Conférence des Évêques catholiques du Burundi, Mgr Joachim Ntahondereye, a fait une sortie au cours de laquelle elle n’a pas hésité à dénoncer les nombreuses irrégularités qui ont entaché la transparence et l’équité de cette compétition électorale. “Nous déplorons beaucoup d’irrégularités quant à la liberté et la transparence du processus électoral ainsi qu‘à l‘équité dans le traitement de certains candidats et des électeurs”, dénonçait  Mgr Joachim Ntahondereye.

Revenant en profondeur sur ces irrégularités, Mgr Ntahondereye, dans un enregistrement sonore envoyé à l’AFP, affirmait que l’Eglise catholique “déplore notamment la contrainte exercée sur certains mandataires à signer d’avance de dépouillement du contenu des urnes, le bourrage de certaines urnes, le vote à la place de défunts et de réfugiés, les procurations multiples et donc invalides, le fait qu’il y ait eu dans certains bureaux de vote des électeurs qui ont voté plus d’une fois”. Des dénonciations proches de celles du candidat de l’opposition Agathon Rwasa, déclaré deuxième à l’issue du dépouillement.

L’Eglise catholique va plus loin dans ses révélations.  A cette litanie de dysfonctionnement, elle greffe également “l’exclusion de mandataires et d’observateurs des lieux de dépouillement du scrutin, l’intimidation et les contraintes exercées sur certains électeurs par des administratifs qui les accompagnaient jusque dans les isoloirs, l’intrusion de personnes non autorisées dans les lieux de comptage”.

Pour le moment, la cour constitutionnelle du Burundi n’a pas encore proclamé le vainqueur du scrutin du 20 mai. Cette proclamation aura lieu dans quelques jours. En attente de cette date, la Conférence des Évêques catholiques du Burundi n’a pas caché ses inquiétudes. Elle craint que ces nombreuses irrégularités dénoncées portent préjudice(s) aux résultats définitifs qui seront déclarés le 04 juin prochain.

Rappelons que l’Eglise catholique avait pu mobiliser 2.716 observateurs le jour du scrutin. Malgré cet effectif insuffisant quant au nombre de bureaux de vote, Mgr Joachim Ntahondereye n’a pas manqué d’adresser des éloges à ces observateurs qui ont réussi le pari de se rendre “dans toutes les communes où ils se sont déployés dans des bureaux ciblés”.

Au Burundi, l’Eglise catholique représente la communauté religieuse la plus puissante avec près de 11 millions de fidèles sur une population totale estimée en 2018 à 11 759 805 habitants.


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